Entrainement mental

Ce nom au goût de manipulation d’esprits faibles n’a pas pour origine un délire ésotérique mais la nécessité d’entraîner le cerveau à réfléchir comme on entraîne le corps à des exercices physiques. S’il faut s’entraîner pour courir un 100 mètres en moins de 15 secondes, c’est sans doute pareil pour décoder l’arnaque de la RGPP (révision générale des politiques publiques, nom volontairement abscons d’un dispositif d’état visant à privatiser les services publics). Comment s’appelerait alors une méthode visant à s’entrainer à réfléchir ? 

L’entrainement mental

Durée : quelques heures, nombre : 5/6 personnes, aménagement : aucun

Désir : utiliser collectivement une manière de réfléchir à une situation-problème qui permette de sortir des écueils classiques d’une discussion : arriver tout de suite aux solutions sans poser les problèmes, imposer son point de vue, ne pas séparer les faits (qu’on ne peut changer) des problèmes (sur lesquels on peut agir), décider sans mesurer les implications de cette décision...

Préparation : aucune si ce n’est que le groupe soit formé à l’entraînement mental ou alors que les participants soient en empathie entre eux et avec une volonté réelle d’aider les personnes impliquées dans la situation étudiée.

NdlR : cet outil propose une approche complexe des situations et vise à orienter les discussions vers l’analyse collective puis vers des actions. Il s’agit plutôt de se doter d’une posture dans la discussion. Il n’y a pas de méthode à suivre à proprement parler et il y a autant d’usages de l’entraînement mental qu’il y a de praticiens et même de séances d’entraînement mental. Raison pour laquelle on ne peut que conseiller de se former à cet outil, que nous utilisons, souvent sans le dire, dans presque toutes nos formations. A titre d’exemple, voici une séance-type relevant de l’entraînement mental.

Animation : tout d’abord, il s’agit de formuler la difficulté rencontrée en une phrase impliquant une ou plusieurs personnes présentes (dont le sujet sera « je » ou « nous »). Puis de découper le temps disponible en 4 phases distinctes d’au moins 15 mn chacune. La première consiste à poser le plus de faits possibles décrivant la situation (les émotions ressenties font partie des faits). La deuxième à lister tous les problèmes, difficultés ou contradictions différents que les membres du groupe voient dans cette situation. La troisième à trier dans ces problèmes pour en arriver à ceux qui semblent au cœur de la difficulté rencontrée et de s’expliquer, chacun à sa manière, les causes de ces problèmes, par nos savoirs et nos expériences passées. La quatrième à proposer des actions permettant d’agir sur ces problèmes.

Le Contrepied propose une formation à cette méthode au mois de Juin 2015, en collaboration avec le KERFAD, de Rennes. Plus d’infos ici.